Une nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère a lieu samedi 24 octobre 2026 à Paris : si vos bureaux sont en rez-de-chaussée près d’un cortège, préparez-les dès que possible.
Le samedi 17 octobre 2026, de nombreuses vitrines ont été brisées et des commerces pillés à Paris, notamment autour de la place de la République et dans le Marais, mais d'autres quartiers comme Sentier ont également subit quelques dégâts. Le ministère de l’Intérieur a recensé 2 397 interpellations dans le pays ce jour-là. La mairie de Paris appelle à la plus grande vigilance pour les prochaines manifestations prévues, face au risque de nouvelles violences commises par des casseurs.
Les bureaux en rez-de-chaussée sont exposés comme les boutiques : vitrage sur rue, matériel visible, peu d’occupants le week-end. Les conseils ci-dessous reprennent les recommandations du préfet de police aux commerçants et les adaptent à un espace de bureaux.
1. Savoir si vous êtes exposé
- Situez vos locaux par rapport au parcours officiel, mais aussi aux lieux de rassemblement annoncés sur les réseaux sociaux. Les dégradations du 17 octobre ont souvent eu lieu hors du cortège.
- Consultez les arrêtés publiés sur le site de la préfecture de police (périmètres interdits, fermetures de stations, restrictions de circulation). Ils peuvent tomber la veille au soir.
- Suivez la situation en direct samedi : comptes officiels de la préfecture de police, de la RATP et de la mairie d’arrondissement.
- Parlez à vos voisins : gardien, syndic, commerces de la rue. Une décision commune (fermer les rideaux, payer un vigile à plusieurs) coûte moins cher et protège mieux.
2. Sécuriser la façade et l’entrée
Le but est simple : que votre vitrine ne donne ni envie ni prise. Le préfet recommande aux établissements proches des parcours de renforcer leur sécurité et de vérifier alarmes et vidéoprotection (mesinfos).
- Vitrages sans rideau : faites poser des panneaux de bois (OSB) ou des plaques de protection. Les menuisiers et entreprises de sécurisation sont très demandés : appelez dès que possible. À plus long terme, un film anti-effraction retient les éclats.
- Rideaux métalliques : baissez-les vendredi soir et testez-les avant. Une panne de moteur se découvre trop tard le samedi.
- Rien à voir, rien à saisir : rentrez écrans, ordinateurs et objets de valeur visibles depuis la rue. Videz l’accueil, fermez les stores.
- Rien à lancer : rentrez jardinières, chevalets, poubelles, mobilier extérieur. Ils servent de projectiles ou de barricades.
- Signalétique : retirez ou couvrez temporairement logos et enseignes s’ils signalent une banque, une assurance, une enseigne de luxe ou une grande marque, cibles fréquentes.
- Alarme et caméras : vérifiez qu’elles fonctionnent, que la télésurveillance est active et que l’enregistrement est conservé.
- Agent de sécurité : le préfet le recommande pour les sites sur le parcours. Exigez un prestataire titulaire d’une autorisation du CNAPS.
- Accès communs : avec le syndic, verrouillez la porte cochère et les accès parking, et vérifiez que les issues de secours restent dégagées.
3. Protéger le matériel et les données
Un ordinateur volé coûte quelques centaines d’euros ; les données qu’il contient peuvent coûter bien plus.
- Ordinateurs : demandez aux salariés de les emporter vendredi soir. Les postes fixes restants vont dans une pièce sans fenêtre sur rue, fermée à clé.
- Chiffrement et sauvegardes : vérifiez avec l’IT que les disques sont chiffrés et qu’une sauvegarde récente existe hors site.
- Baie serveur ou réseau : si elle est au rez-de-chaussée côté rue, sécurisez son local et prévoyez une coupure propre en cas de dégât des eaux ou d’incendie.
- Documents sensibles : contrats, dossiers RH, chéquiers et moyens de paiement au coffre ou dans une armoire fermée, hors de vue.
- Inventaire : notez les numéros de série du matériel coûteux. L’assureur et la police vous les demanderont en cas de vol.
4. Organiser les équipes
La sécurité des personnes passe avant celle des locaux : personne ne doit être sur place pour « surveiller ». Si l’activité impose une présence (accueil du public, permanence, astreinte technique), réduisez l’exposition au strict minimum et fixez une règle de fermeture claire à l’avance. Vérifiez d'ailleurs que l’ouverture un jour de manifestation ne pose pas de difficulté au regard de votre contrat, et consignez les mesures prises.
- Prévenir : envoyez vendredi une consigne écrite courte à tous (site fermé, matériel emporté, quoi faire si on se trouve sur place).
- Prestataires : décalez ménage, livraisons et interventions techniques prévus samedi.
- Contacts d’urgence : une liste à jour, partagée hors du réseau de l’entreprise : responsable sécurité, direction, syndic, télésurveillance, assureur, menuisier ou vitrier d’urgence, serrurier.
- Astreinte : désignez une personne joignable samedi et dimanche, qui reçoit les alertes de l’alarme mais ne se déplace pas pendant les troubles.
- Lundi : prévoyez un plan B (télétravail) si le quartier reste bouclé ou les locaux inutilisables.
Pensez aussi aux obligations de l’employeur en matière de sécurité des salariés : en cas de danger grave et imminent, un salarié peut exercer son droit de retrait.
5. Préparer l’assurance dès maintenant
Une indemnisation se joue souvent avant le sinistre : sur ce que dit le contrat et sur les preuves que vous avez gardées.
- Relisez le contrat multirisque : la garantie « émeutes et mouvements populaires » est-elle incluse ? Avec quelles franchises et quels plafonds ? Couvre-t-elle le bris de glace, le vol et la perte d’exploitation ? Un doute : appelez votre courtier vendredi.
- Bailleur ou locataire : vérifiez qui assure la façade et les vitrages selon le bail.
- Photos et vidéos « avant » : façade, vitrines, accueil, matériel, datées, stockées dans le cloud.
- Factures : rassemblez celles du matériel de valeur et des travaux récents.
- Après un sinistre : déposez plainte, déclarez-le vite à l’assureur (le Code des assurances prévoit en général 5 jours ouvrés, 2 seulement en cas de vol) et ne jetez rien avant le passage de l’expert, sauf ce qui menace la sécurité.
- Recours contre l’État : la loi prévoit sa responsabilité pour les dégâts causés par des attroupements (article L211-10 du Code de la sécurité intérieure). Votre assureur ou un avocat vous dira si c’est pertinent dans votre cas.
Sources